Bascule
Huit heure trente. J’attends le téléphérique.
Le globule blanc se détache sur la toile de fond. Il glisse dans un feulement électrique le long des câbles jumeaux. L’air est frais et humide, de courts arcs de cobalt supervisent la descente.
Je suis seul sur le quai quand l’œuf atterrit sur le sol et éclot. Un air doux sort de la boite mécanique, ce genre de ritournelle qui fait sortir de leur coucou les pantins horaires. Je ne danse pas, ne lève pas mon chapeau. Je pose un pied, la cabine bascule légèrement. Mon autre pied rétablit l’équilibre alors que la porte se referme en roulement à billes derrière moi.
Je m’enfonce dans l’un des fauteuils au rendu gélatineux. Tout semble ici conçu pour que le voyage soit particulier.
A travers l’ouverture, la vue se met à défiler : la structure métallique du quai, les végétations plantées, les panneaux publicitaires et puis quand l’altitude ne tolère plus aucun envahissement, le ciel à perte de vue.

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