Bascule [2éme partie]
…36, 37, 38. Je me surprends en train de fermer très fort les yeux. 39, 40, 41. La blancheur des lieux me donne envie de vomir. Je sais que ça ne va plus durer longtemps. L’arrivée est au bout des secondes que j’égrène. 42, 43, 44. Petit à petit, les bruits de la ville se font entendre : des bruits de foule, d’attente, de gare. 45, 46, 47. Je n’ose toujours pas ouvrir les paupières. 48, 49, 50. Mon téléphone vibre dans ma poche. Je le cherche à tâton. 51,52… « Allô ? » C’est elle. 53.
J’ouvre les yeux. Le blanc immaculé a fait place à la vie. Ca s’agite, ça s'embrasse, ça crie. La voilà, cette gare que je retrouve après 20 ans d’absence. J’ai laissé beaucoup de choses ici. Je ne sais pas ce qu’il en reste aujourd’hui. « Allô ? ». Elle, mon seul espace commun en ce désert de sens. « Oui ? »
« Te voilà ? J’avais l’impression de parler à un fantôme ! Je t’attends au bar de la cafétéria. Je te reconnaîtrai. A tout de suite ! »
Un fantôme… N’est-ce pas ce que je suis devenu ?

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